Yelloan : quand vos amis deviennent vos garants
Jeune start-up tout juste sortie de l’oeuf, Yelloan apporte sur le marché une idée révolutionnaire qui pourrait bien faire avancer les pratiques sur le marché du prêt bancaire. Le futur de la garantie de prêt passe peut-être par le financement participatif ! Mais avant d’aller plus loin, plantons le décor.
Taux bas ne signifie pas emprunt facile
Quand les taux d’emprunt sont bas, en toute logique, on se dit qu’il est moins coûteux d’emprunter. L’accès à l’emprunt serait donc plus simple pour ceux qui souhaitent y avoir recours. Cependant, la réalité économique est plus complexe qu’il n’y parait à l’échelle du consommateur. Car lorsque les intérêts sont moindres, les banques ne sont pas encouragées à prêter : elles gagnent beaucoup moins sur chaque contrat, pour un risque qui ne diminue pas. Les banques préfèrent donc mobiliser leurs fonds sur les marchés financiers, bien plus rémunérateurs. De plus, l’accord Bâle 2, qui vise à limiter l’encours de prêts des banques, pousse encore davantage les banques à rentabiliser leurs encours sur les marchés financiers, plutôt qu’auprès des TPE/PME/GE et des particuliers.
C’est pourquoi emprunter devient plus difficile. Sans compter que les banques exigent de plus en plus de ne traiter qu’avec des clients en CDI, un contrat de travail qui se raréfie au profit du CDD ou de l’intérim. Il ne faut pas perdre de vue que les banques, tout comme nous, effectuent leurs placements en fonction de critères tels que le rendement et la sécurité du recouvrement.
À quelles garanties peut-on recourir ?
Pour convaincre des banques un peu frileuses, une solution principale a émergé : on appelle ça la garantie du prêt. S’ils ne sont pas très répandus sur les prêts à la consommation, les garanties sont aujourd’hui presque obligatoires dans l’immobilier. La plus répandue est la garantie par caution, avec un proche (souvent de la famille) qui se porte garant. La seconde n’est qu’une prise de garantie hypothécaire, également appelée « Privilège prêteur de deniers ».
Dans les faits, les cautions peuvent être fournies par un organisme tiers (parfois même l’Etat, pour les étudiants ou certaines situations particulières), tel que le Crédit Logement, la Camca ou la Saccef. Mais ils restent cantonnés aux prêts importants tels que les accès à la propriété immobilière. Les prêts uniquement dédiés à la consommation ou aux travaux ont du mal à trouver un intérêt aux yeux des établissements bancaires.
Yelloan et son esprit d’innovation
Et si c’était vos amis qui vous tiraient d’affaire face à toutes ces difficultés ? C’est l’idée de Yelloan, start-up française qui s’inspire des techniques de financement participatif. Son système est très simple : afin d’emprunter une somme, un individu doit trouver dans son entourage 5 personnes qui sont prêtes à se porter garantes de 5% du montant total de cette somme. Avec un total de 25% de la somme garanti par l’entourage du demandeur, la banque peut aller prêter en toute quiétude (ou presque).
Cette innovation d’ores et déjà été récompensée du prix de la Fintech de l’année (rien que ça), et s’est déjà aligné avec de grands établissements pour proposer son système. Monabanq et Financo appliquent déjà cette nouveauté à leurs prêts à la consommation, et Sofinco pourrait leur emboîter le pas très prochainement, aux côtés d’autres enseignes. Si l’activité a débuté assez timidement (1000 prêts accordés via Yelloan en 2016), l’entreprise a débloqué 1,75 millions d’euros de fonds, pour notamment accélérer le déploiement et les dépenses en communication et marketing.
Quelles implications pour le marché ?
Si Yelloan apporte une réponse efficace à un problème récurent, elle soulève aussi des interrogations. Car si elle ouvre dans les faits l’accès au crédit à de nouveaux candidats, elle ne fait que transférer la garantie de la famille (souvent papa/maman) au réseau social, au profit des banques traditionnelles et organismes de crédit. Il reste donc à savoir dans quelles proportions ces nouveaux crédits accordés seront accordés : avantage aux ménages, ou aux marchés ? L’innovation est fondamentalement positive, mais elle pourrait aussi se retourner contre le consommateur et servir les intérêts de banques d’affaires peu scrupuleuses.
Quitte à vouloir passer par des épargnants particuliers, pourquoi ne pas se tourner vers une solution de financement participatif telle que Younited Crédit ? Les prêts y sont financés directement pas les dépôts d’épargnants comme vous et moi, faisant ainsi vivre l’économie réelle plutôt que des bulles spéculatives. On souhaite néanmoins une bonne réussite à Yelloan et toute son équipe !